Grève des producteurs de lait. Pas des vaches, elles ne l’ont pas, le droit de
grève. La traite, c’est le soulagement des bêtes. En fait, leur lait est la
nourriture de leur progéniture: des veaux. Déviation subtile, les veaux sont
nourris à part du lait de leur mère-vache, de céréales assorties de produits
sophistiqués pour les engraisser – mais pas trop – et en faire après un temps
assez court des bêtes à abattage dont la viande est recherchée. Le lait de la
vache, ressource commercialisée à l’extrême pour faire du fromage, des yaourts
entre autre, est un objet de discorde. Depuis belle lurette les fermiers
touchent le même prix pour le lait de la vache, alors que le prix du lait acheté
au supermarché ne fait qu’augmenter. Pas étonnant que le monde de l’agriculture
se mette en rage et déverse le lait de ses vaches dans le baquet de ses veaux
ou, pire encore, ailleurs, sauf dans les réservoirs des laiteries qui en
auraient besoin pour faire du beurre, fromage et yaourts. Déjà la pénurie est
annoncée et parions que les prix monteront pour les consommateurs. A voir si les
fermiers en toucheront une part. A vrai dire le cycle de la nature a été
chambardé par l’industrie agroalimentaire. L’UE a connu le temps de trop-pleins
de beurre, ensuite des quotas pour la production de lait, et encore
l’interdiction de cultiver toutes les surfaces de terre disponibles. L’on se
souvient encore des tomates détruites pour cause de prix dérisoires et des
méfaits d’une politique agricole déviée à chaque nouvelle initiative de la
Commission européenne par les grands terriens qui tantôt déclaraient des
récoltes d’olives là où il n’y avait pas d’oliviers, ou trouvaient d’autres
astuces pour toucher les subventions de la manne européenne. Lire plus…