L’initiative « une âme pour l’Europe » l’avait invité, ensemble avec
le président Barroso pour parler de culture, l’âme de l’Europe, de musique
aussi. Il a parlé politique, mais aussi musique et culture. Entre un concert à
Luxembourg, son premier concert dans la nouvelle Philharmonie, où il a dirigé la
7e symphonie de Gustav Mahler, et un concert au Palais des Beaux Arts à
Bruxelles avec la 9e du même compositeur, il se prête à l’exercice. Dans la
salle de conférence du Conseil économique et social, le maître prend la parole.
Discours préparé, lu, avec certaines phrases soulignées, martelées presque. Avec
conviction il souligne que la tolérance ne suffit pas, qu’il faut accepter
l’autre, citant Goethe en l’occurrence. Référence aux musiciens d’un orchestre
même sans se connaître, ils jouent le même son, avec le même coup d’archet. Ils
arrivent à accorder leurs violons! Et il s’en prend à l’enseignement musical
dans les écoles. Nul, car écouter c’est entendre avec discernement … La musique
pour se détendre le soir après le travail, les pieds sur la table et un verre à
la main, ce n’est pas là l’aspiration, la musique c’est bien davantage. Il faut
un enseignement continu, de la maternelle aux fins d’études. Conjuguer les
efforts pour faire à travers elle un monde meilleur! Il vient de lancer le
projet d’un jardin d’enfants en Palestine, lui, né en Argentine, juif, empreint
de culture universelle. Il cite Goethe et « Le Divan », écrit il y a
200 ans. Goethe, qui à cette époque s’intéressait aux cultures différentes d’une
autre civilisation, avait commencé à apprendre l’arabe pour mieux comprendre! Il
a donné ce nom à l’orchestre qu’il a fondé avec le palestinien Edward Saïd en
1999. Jeunes gens des zones de conflit, Palestine, Israël, Syrie, Liban, jouent
ensemble, s’écoutant l’un l’autre… Lire plus…